Une vie à la con

  • Montrer sa connerie : c’est simple, alors qu’il faut toujours prouver son intelligence.

  • Jonathan Meli Isabelle Meli Chansons françaises

    Les chroniques de Jon & Isa



    L’enregistrement de l’album ‘ une vie à la con’ : c’est parti et c’est fini !

    L’enregistrement de l’album chez Raoul démarra un beau jour de février. Ça faisait longtemps qu’Isabelle et moi caressions cette idée, mais là on été décidé, à une condition : c’est que cet enregistrement soit fidèle à notre prestation live, pas dans sa perfection, au contraire, dans ce côté ‘sauvage’ naturel, authentique. Trop de fois ai-je été déçu par la qualité d’un album que j’ai acheté à la suite d’un concert, pas qu’il soit moins bien joué que la prestation de l’artiste que j’ai pu applaudir en direct, c’est tout le contraire ! Souvent, l’artiste se sent obligé de rajouter plein d’arrangements dans son album et quand il n’a pas d’instruments authentiques sous la main , v’la que je te rajoute des sons synthétiques avec une boite à rythme. Très bien pour de la variété. Mais pour des chansonniers…Quoi de plus rageant quand les voix sont noyées dans une masse d’instruments. Mais je comprends l’artiste qui veut bien faire et donner un max à celui qui écoute, mais moi, c’est pas avec ce type d’album hybride que je prends mon pied.

    Un exemple. A mes 16 ans j’ai été voir un chanteur espagnol accompagné de sa seule guitare. Sa prestation en direct était magistrale ! Les rythmes à la guitare, c’était vraiment un grand musicien. Après le concert je me rue au stand et j’achète tous les album du gars. En rentrant, quelle déception ! C’est à peine si on entendait la guitare tant son jeu était masqué par des nappes jouées au synthétiseur avec une vielle boite à rythme de la guerre 14/18.
    Tout ca pour dire que pour notre album, je veux que les auditeurs ressentent ce qu’ils ont ressenti au concert. Cet album n’aura donc pas un son lissé et tout et tout. Chaque piste a été compressée juste ce qu’il faut. Ce qui veut dire qu’il peut y avoir un léger décalage de son d’une piste à l’autre.
    Le timbre des voix, des guitares… tout est fait pour que l’album sonne ‘juste’. Mais pour arriver à ce résultat il nous fallait un vrai professionnel du mix et de la prise de son. Moi même, j’ai tout l’équipement à la maison et en théorie (et même en pratique) j’ai déjà enregistré et mixé plusieurs album. Mais pour ‘une vie à la con’ je voulais un vrai gars du métier car l’enregistrement de cet album demande beaucoup de compétences qui ne sont pas toujours données au premier venu. Car mixer proprement deux voix portées par seulement une guitare et un instrument de temps à autre, c’est beaucoup plus dure que de mixer un groupe avec batterie, voix, guitare, accordéon, basse… Car là on encoure le risque que l’album sonne ‘creux’ . Tout l’enjeu consiste donc à répartir le son dans l’espace et à faire sonner un maximum le peu d’instrument qu’il y a à faire sonner pour rendre l’écoute de l’album réellement agréable dans sa durée.

    Et bien, Raoul a relevé ce défi et je trouve qu’il s’en est sorti avec brio. J’ai eu la chance de le rencontrer voilà une dizaine d’année avec Isabelle. C’est lui qui m’a appris tout ce que je connaid en mix. On s’était perdu de vue depuis quelques années, et c’est avec confiance que j’ai repris contact avec lui. Nous sommes venu à son studio d’enregistrement 4 ou 5 journées du mois de février. Au final, nous avons enregistré 14 titres. Chaque morceau à sa propre signature, son propre son, bref une identité bien à lui. Ce qui n’empêche pas l’album d’avoir un fil conducteur. Par ci par là, on a rajouté quelques accompagnements (piano, clavecin, flutes, trombone, quelques percu et même une guitare basse sur un titre :) Raoul à fait un formidable travail de mix, et je trouve qu’au final ce CD atypique sonne très pro. C’est avec fierté que nous vous ferons découvrir cet album CD dans quelques semaines. En attendant ,vous pouvez entendre quelques extrait en mp3 dans la page « l’album » de se site. Alors, Bonne première écoute, et encore une fois, merci Raoul !

    Jonathan

    Une vie à la con dans un café-bar… Oh Yeah !

    Tout gaillardis après le concert du téléthon, nous avons hâte de renouveler l’expérience. Un ami musicien qui nous suit de près, parle de nous à une jeune association d’organisation de concert fraichement monté et qui cherche un cobaye pour son premier concert en deux partie dans un bar de Nancy.
    Et oui, c’est nous qu’elle contacte. Après explication du concept de jouer en 1ère partie, nous acceptons bien volontiers l’expérience, première expérience d’ailleurs car nous n’avons jamais chanté dans un bar. De plus, avec notre matériel son, nous sommes autonomes pour jouer un peu partout.
    Le jour J un soir de janvier, avec notre petite voiture dans laquelle nous pouvons sans problème mettre toutes nos affaires, nous nous rendons sur Nancy.
    Arrivé au café, nous sommes chaleureusement accueilli par les membres de l’association et découvrons par la même occasion le groupe qui jouera en 2ème partie en pleine installation. Et là commence le contraste : déjà le 1er groupe comporte 8 musiciens : avec 2 voix, guitare, basse, trompette, saxo, percu, accordéon. Face à nous, deux voix avec guitare + de temps en temps un peu de percu, c’est clair que ça contraste.
    Nous attendons patiemment que le groupe termine ses installations et on en profitons pour connaître un peu mieux les membres de l’association et découvrir mieux le café, en ambiance coloré orange très chaleureuse, ainsi que les clients déjà présents. Le café organise régulièrement des soirées musicales.

    Ah, ça y est s’est à nous, de nous installer. Jonathan sort le matériel sonore, je l’aide à installer et à pousser un peu les affaires du 1er groupe qui s’est étalé partout ;-) Avec l’aide du sonorisateur du 1er groupe nous terminons de régler les voix et la guitare pour que tout soit nickel et que les voix puissent être claires. C’est justement l’occasion d’utiliser la boite à réverbe fraichement acquise pour donner un meilleur timbre aux voix.
    Les gens commencent à arriver plus nombreux. L’heure H arrive ;-) Allez hop, c’est parti !

    Présentation succincte et nous commençons la première chanson, qui est assez tranquille.
    L’attention est de plus en plus forte au fur et à mesure des chansons, les gens quittent leur chaises pour s’agglutiner devant nous, les conversations se font de moins en moins fortes, presque jusqu’à s’estomper. Le café est bien rempli. Et les interactions avec le public entre les morceaux prennent bien. Au moment de carte Bleue, c’est avec entrain que le public chante, clame même la fin de phrase : « utilise ta carte bleue »
    Et moi dans tout ça je me sens parfaitement à l’aise, bien dans mon élément avec ses gens et j’essaie de donner le meilleur de moi. Jonathan est aussi bien en forme et ses rythmes de flamenco font mouche et sont très entrainants. Des applaudissements enthousiastes ponctuent la fin de chaque chanson et à la fin du dernier morceau un bis est chaudement demandé et c’est le swinguant « Bonjour les cons » que nous rejouons pour clôturer notre partie.

    Pour finir, ce qui m’a marqué c’est l’attention du public car je ne m’attendais pas un tel degré dans un café. Suite à nos questions à la fin, nous avons pu confirmer que les spectateurs avaient bien compris les paroles, que c’était clair. Une expérience comme ça ? Je la veut encore ;-)

    Isabelle

    Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille (premier concert d’une vie à la con)

    Premier concert qui reprend l’ensemble de nos titres à l’époque (depuis il y a eu quelque nouveautés pour la sortie de l’album) environ 50 minutes de chansons. Pour Isa et moi, c’est une première. C’est pas la première fois qu’on pousse la chansonnette. Mais jamais plus de 10 morceaux de suite. Enfin il faut bien se lancer un jour. Et c’est un 5 décembre qu’on nous propose de passer à l’acte, dans une ville près de Paris, la Chapelle-Gauthier. Là-bas, on ne connaît personne sauf un des organisateurs du Téléthon, ami de longue date .

    En fait, on nous propose de donner ce jour là deux concert. Un pour les jeunes vers 16 heures avec nos chansons tirées du répertoire de la comédie musicale Boings (voir la page clip vidéo pour en découvrir quelques unes) et vers 17 heures avec Une vie à la con pour les adultes.
    Ce jour-là, le temps est exécrable. Il pleut, il mouille, il fait froid et les radiateurs de la salle communale qui nous accueille ne fonctionnent pas à cause d’un problème technique survenu le jour même.
    Nous nous installons vers 14h. Jusqu’au premier Concert, les jeunes sont conviés à des stands tenus par des bénévoles du village. Une cinquantaine d’individus essayent tant bien que mal de s’amuser entre deux courants d’air.
    Malgré tout, la bonne humeur est au rendez-vous et chacun y met du sien. Mais pour nous le défi est de taille : car après une journée vécue dans ces conditions, captiver des gens mouillés et fatigués relève presque du défi.
    Avec le régisseur son, on donne un soin tout particulier à sonoriser cette grande salle froide, car pour moi, les conditions d’écoute doivent être optimales quand il s’agit de chansons à texte. A 16h, les jeunes font leur apparition pour un premier spectacle parfaitement rodé. En effet, avec notre concert ‘les Boings’, on en est pas à notre premier coup d’essai. Mais chaque public est différent. Et les enfants ne connaissent pas l’hypocrisie. S’ils n’aiment pas, on sera vite fixé.
    Nos chansons parlent de la vie de tous les jours tel qu’un enfant ‘normal’ devrait la vivre. Entre les sorties en vélo, les histoire de pirates et de supers héros qu’on s’invente avec des costumes improvisés… Même si nos jeunes sont de plus en plus lobotisés par une société qui leur propose de la merde audiovisuelle matin midi et soir et comme activités ludiques des jeux sur PC ou sur la Wii qui réduisent leur imaginaire à des décors 3D souvent très moches, les jeunes se laissent vites embarquer dans ces mondes imaginaires que nous leur proposons à travers nos chansons. Quelle joie de voir ces petites frimousses après un temps d’hésitation se prendre au jeux et redevenir des enfants. Les parents sont ravis et nous aussi. Le concert se déroule au mieux mais, je ne sais pas si c’est à cause du froid ou un problème de retour, je termine pratiquement aphone ! C’est la panique. Dans 30 minutes, démarre le concert ‘une vie à la con’ et là, c’est une première et je veux donner toute les chances à nos chansons de faire leur effet. Heureusement Isabelle semble être au mieux de sa forme, souriante et gracieuse, comme à son habitude. Je me procure une théière et m’avale 1litre d’eau chaude citronnée. La salle se remplit tout doucement. Une quarantaine de courageux décident d’assister à notre spectacle. Ma voix c’est un peu près rétablie. C’est parti ! Pour mettre un peu l’ambiance, on commence avec le titre ‘carte bleue’ et l’on propose au public de répéter avec Isabelle le Slogan « utilise ta carte Bleue » après chaque phrase. Très rapidement le publique se prend au jeu et ne décrochera plus durant les 50 minutes que durera notre intervention.
    Beaucoup en fin de spectacle sont venus nous saluer et nous encourager. Les textes ont plus, les gens ont passé un agréable moment malgré leur habits mouillés, et plusieurs nous donnent une adresse mail pour les recontacter à la sortie de l’album CD. La soirée se termine de manière conviviale avec une pizza partie.
    Cette première date qui reprenait la majorité de nos titres restera donc gravé comme un temps fort pour Isabelle et moi et aussi un encouragement à persévérer dans notre vocation. Merci encore à la Chapelle Gauthier pour son accueil chaleureux malgré des conditions météorologiques qui auraient pu faire tournée cette journée à la con :)

    Jonathan